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mercredi 13 janvier 2016

Le Gambit des étoiles

Le Gambit des étoiles est un roman de science-fiction écrit par Gérard Klein et paru pour la première fois en 1958 aux éditions Hachette/Gallimard.

La signification du titre
Le roman tire son titre d'un coup d'échec, le gambit. Pour introduire son roman, Gérard Klein cite Pierre Mora qui explique dans Le Jeu des échecs : « Le gambit est un sacrifice intéressé et volontaire de pion, intervenant dans la phase initiale de la partie, soit dans le but d'en retirer un avantage de position ou une attaque, soit pour s'emparer de l'initiative des opérations ». Le titre annonce deux des éléments qui seront présents tout au long du roman : les échecs et les étoiles, l'immensité de l'espace.

Résumé
Jerg Algan est un homme de trente-deux ans qui n'a jamais quitté la Terre presque abandonnée, qui vit à Dark « de métiers bizarres ». Il n'est absolument pas intéressé pour quitter la Vieille Planète et voyager dans la galaxie. Seulement, il rencontre sans le savoir un recruteur qui lui extorque une signature alors qu'il a consommé trop de zotl, cette drogue légale extraite de racines. Il se retrouve donc pionnier malgré lui et doit commencer un voyage de dix ans vers des planètes lointaines.
Dix années de sa vie, mais il sait que se seront alors écoulés mille ans sur Terre, le temps s'écoulant différemment pour ceux qui voyagent à la vitesse de la lumière et ceux qui restent sur une planète. Révolté par ces méthodes, il se fixe un objectif : il a dix ans, ou mille ans, pour détruire tout cela. Mais il ne sait pas encore ce qui l'attend, ne sait encore rien des mystérieuses citadelles noires, ne comprend pas encore pourquoi le zotl et les échiquiers sont si universels, ne sait pas qu'il n'est encore qu'un pion dans l'immense échiquier cosmique.

mardi 12 janvier 2016

La Joueuse d'échecs

Sandrine Bonnaire

La Joueuse d'échecs est un roman écrit en français par l'Allemande Bertina Henrichs.
Eleni est une femme de ménage grecque vivant dans l'île de Naxos. Un jour, alors qu'elle range une chambre dans l'hôtel où elle travaille, Eleni fait tomber une pièce d'échecs d'une partie en cours. Ce petit incident va bouleverser sa vie et lui permettre de s'émanciper : Eleni va se passionner pour les échecs, quitte à bousculer les traditions et sa vie sans folies.
Ce roman a été adapté au cinéma en 2009 par Caroline Bottaro sous le titre Joueuse, avec Sandrine Bonnaire et Kevin Kline dans les rôles principaux.

samedi 26 décembre 2015

les échecs dans la littérature

Dès l'arrivée du jeu en Occident, de nombreuses légendes  ont circulé, élevant le "roi des jeux" au rang de mythe : Achille, Ulysse, le roi Salomon, Alexandre le Grand, le roi Evilmodorach de Babylone, le roi Arthur. Dans l'imaginaire médiéval, les échecs s'imposent comme le "jeu des rois", avant d'être la distraction favorite de Philippe II d'Espagne, Charles V ou Napoléon.  
Une de ces légendes voulait que les prestigieuses pièces d'échecs conservées au trésor de Saint-Denis aient été offertes par le calife de Bagdad, Haroun Al-Rachid, au demeurant grand amateur d'échecs, à Charlemagne pour son couronnement. Mais l'Empereur, qui régnait autour de 800, n'a pas connu ce jeu, introduit en Occident deux siècles plus tard. En réalité, ces pièces ont été taillées en Italie méridionale, vraisemblablement à Salerne, à la fin du XIe siècle. Les échecs de Charlemagne comptent parmi les plus beaux objets en ivoire du Moyen Âge.  Associer ainsi le jeu au souvenir du grand empereur, c'est dire le prestige dont jouissent les échecs, à la fois roi des jeux et jeu des rois. C'est dire aussi leur valeur symbolique que les artistes sauront s'approprier. 
Dès le Moyen Âge, les échecs entrent ainsi en littérature. Les romans de chevalerie mettent en scène de nombreuses parties d'échecs. Mais ce sont les auteurs modernes, comme Carroll, Zweig, Nabokov ou Perec, qui offrent aux échecs leurs véritables "lettres de noblesse". 
source: la BNF  

vendredi 13 novembre 2015

l'échiquier

Pendant quelques minutes Alice demeura sans mot dire, à promener dans toutes les directions son regard sur la contrée qui s'étendait devant elle et qui était vraiment une fort étrange contrée. Un grand nombre de petits ruisseaux la parcouraient d'un bout à l'autre, et le terrain compris entre lesdits ruisseaux était divisé en carrés par un nombre impressionnant de petites haies vertes perpendiculaires aux ruisseaux.
"Je vous assure que l'on dirait les cases d'un vaste échiquier ! finit par s'écrier Alice. Il devrait y avoir des pièces en train de se déplacer quelque part là-dessus – et effectivement il y en a ! ajouta-t-elle, ravie, tandis que son cœur se mettait à battre plus vite. C'est une grande partie d'échecs qui est en train de se jouer – à l'échelle du monde entier – si cela est vraiment le monde, voyez-vous bien.
Oh ! que c'est amusant ! Comme je voudrais être une de ces pièces-là ! Cela me serait égal d'être un simple Pion, pourvu que je pusse prendre part au jeu... mais, évidemment, j'aimerais mieux encore être une Reine."
En prononçant ces mots elle lança un timide regard à la vraie Reine, mais sa compagne se contenta de sourire aimablement et lui dit : "C'est un vœu facile à satisfaire. Vous pouvez être, si vous le désirez, le Pion de la Reine Blanche, car Lily est trop jeune pour jouer. Pour commencer, vous prendrez place dans la seconde case ; et quand vous arriverez à la huitième case, vous serez Reine..." À ce moment précis, on ne sait trop pourquoi, elles se mirent à courir.
Lewis Carroll, De l'autre côté du miroir, 1871
(traduction de Henri Parisot, Aubier-Flammarion, 1971)
source la BNF

jeudi 29 octobre 2015

150 parties d'échecs

Stefan Zweig

Au premier coup d'œil, je fus dépité et amèrement déçu : ce livre que j'avais escamoté au prix des plus grands dangers, ce livre qui avait éveillé en moi de si brûlants espoirs, n'était qu'un manuel du jeu d'échecs, une collection de cent cinquante parties jouées par des maîtres. N'eussé-je pas été enfermé et verrouillé, j'aurais, dans ma colère, jeté le livre par la fenêtre, car, au nom du ciel, que pouvais-je tirer de ce traité ? Au temps où j'étais au gymnase, j'avais essayé, comme la plupart de mes camarades, de faire marcher des pions sur un échiquier, un jour que je m'ennuyais. Mais comment me servir de cet ouvrage théorique ? On ne peut jouer aux échecs sans partenaire, encore bien moins sans échiquier et sans pièces.
"Je feuilletai le volume avec mauvaise humeur, dans l'espoir d'y découvrir tout de même quelque chose à lire, un avant-propos, des instructions. Mais il ne contenait que des diagrammes de parties célèbres, avec au-dessous, des signes qui me furent d'abord incompréhensibles : a2-a3, Sf1-g3, et ainsi de suite. C'était, me semblait-il, une sorte d'algèbre, dont je n'avais pas la clé.
"Peu à peu, je compris que les lettres a, b, c, désignaient les lignes longitudinales, les chiffres de 1 à 8, les transversales, et que ces coordonnées permettaient d'établir la position de chaque pièce au cours de la partie ; ces représentations purement graphiques étaient donc une manière de langage. Je pourrais peut-être, me dis-je, fabriquer une espèce d'échiquier et essayer ensuite de jouer ces parties. Grâce au ciel, je m'avisai que mon drap de lit était quadrillé. Soigneusement plié, il finit par faire un damier de soixante-quatre cases. Je cachai alors le livre sous le matelas, après en avoir arraché la première page. Puis, je prélevai un peu de mie sur ma ration de pain et j'y modelai des pièces, un roi, une reine, un fou et toutes les autres. Elles étaient bien informes, mais je parvins, non sans peine, à reproduire sur mon drap de lit quadrillé les positions que présentait le manuel.
 "Néanmoins, lorsque je tentai de jouer une partie entière, j'échouai d'abord, à cause de mes ridicules pièces en mie de pain que j'embrouillais continuellement, parce que je n'avais pu mettre sur les "noires" que de la poussière en guise de peinture. Cinq fois, dix fois, vingt fois, je dus recommencer cette première partie. Mais qui au monde disposait de plus de temps que moi, dans cet esclavage où me tenait le néant, qui donc aurait pu être plus avide et plus patient  ?
"Au bout de six jours, je jouais déjà correctement cette partie ; huit jours après, je n'avais plus besoin des pièces en mie de pain pour me représenter les positions respectives des adversaires sur l'échiquier. Huit jours encore, et je supprimais le drap quadrillé. Les signes a1, a2, c7, c8 qui m'avaient paru si abstraits au début se concrétisaient à présent automatiquement en images visuelles. La transposition était complète : l'échiquier et ses pièces se projetaient dans mon esprit et les formules du livre y figuraient immédiatement des positions. J'étais comme un musicien exercé qui n'a qu'un coup d'œil à jeter sur une partition pour entendre aussitôt les thèmes et les harmonies qu'elle contient. Il me fallut encore quinze jours pour être en état de jouer de mémoire toutes les parties d'échecs exposées dans le traité ; je compris alors quel inappréciable bienfait ce vol audacieux m'avait valu. Car j'avais maintenant une activité, stérile si vous voulez, mais une activité tout de même, qui détruisait l'empire du néant sur mon âme. Je possédais, avec ces cent cinquante parties d'échecs, une arme merveilleuse contre l'étouffante monotonie de l'espace et du temps.
Stefan Zweig Le joueur d'échecs 1943