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mardi 9 février 2016

une simultanée à l'aveugle au café de la Régence

« Encore une page mémorable à ajouter aux fastes des échecs. Jeudi dernier 4 du courant, M. Harrwitz, qui devait jouer trois parties à la fois sans voir l’échiquier, a dépassé ses brillantes promesses. Après une lutte opiniâtre, il est resté vainqueur, battant ses trois adversaires, aux applaudissements répétés de la réunion nombreuse attirée par la rareté et l’intérêt de ce spectacle.
Pour cette solennité, le cercle des Échecs du café de la Régence avait ouvert ses portes. Dès huit heures du soir, une foule d’amateurs se pressaient en attendant l’heure du combat. Trois salons avaient été disposés.
Au milieu se trouvait une table avec un échiquier pour le joueur, et, dans les angles d’autres échiquiers où les assistants pouvaient suivre les coups et les répéter.
M. Harrwitz se tenait dans une petite pièce voisine, où, pendant toute la lutte, chacun a pu le voir, la tête appuyée dans sa main, diriger avec une merveilleuse lucidité les parties.
A neuf heures, les parties commencèrent. M. Harrwitz joua le premier ; chacun des joueurs répondit immédiatement, et pendant trois longues heures, les coups se succédèrent sans que, de la part de M. Harrwitz, il y ait eu un seul moment d’hésitation.
La partie N°2 fut la plus intéressante des trois, surtout au point de vue du problème à résoudre. L’adversaire de M. Harrwitz voulait, avant tout, l’embarrasser. Aussi commença-t-il une de ces parties serrées, inextricables, où toutes les pièces, enchevêtrées les unes dans les autres, offrent au joueur qui voit l’échiquier un aspect presque insaisissable.
Quels prodiges de mémoire n’a-t-il pas fallu pour suivre ce fil embrouillé ! Au vingtième coup pas un pion, pas une pièce n’étaient échangés ni pris, et cependant, comme dans les autres parties, sans s’y appliquer d’avantage, jouant même au besoin plus vite que son adversaire, M. Harrwitz a dénoué ce nœud gordien, et quand on est venu annoncer le mat forcé en cinq ou six coups au plus, des bravos ont éclaté de toute parts.
Un tournoi semblable avait été déjà autrefois soutenu en Angleterre par le célèbre Philidor, qui s’était, à son issue, senti pendant quelques jours tout épuisé et presque fou.
M. Harrwitz, au contraire, à la fin de la lutte, ne donnait aucun signe de fatigue, et déclarait se trouver parfaitement calme ».
Journal « La Presse » - édition du 9 mars 1858 (source Gallica BNF)

mercredi 27 janvier 2016

Denis Diderot et le neveu de Rameau

L'essor des cafés au siècle des Lumières est lié à la naissance d'une opinion publique et d'un espace public. Si au XVIIe siècle, c'est plutôt dans les salons que l'on discute littérature et philosophie, les cafés de Paris prendront le relais au temps des Lumières. C'est là que mitonnent, puis bouillonnent les idées des philosophes.Chaque café a sa clientèle. Elle est toujours plus distinguée que celle des cabarets plus populaires où l'on ne vient pas pour les idées mais pour se rafraîchir le gosier. Et pour s'encanailler. Tandis qu'au café, on trouve des journaux, des amis pour commenter les informations ou jouer une partie d'échecs. Ainsi, le café de la Régence place du Palais-Royal est un café célèbre qui accueille les plus grands joueurs d'échecs. C'est au café de la Régence, que Diderot rencontre le héros de sa "Satire seconde", le célèbre Neveu. Diderot est un familier du lieu qu'il fréquente en même temps que Marmontel et Jean-Jacques Rousseau. Diderot nous indique que ce café créé en 1718 est tenu jusqu'en 1745 par un certain Rey. "Qu'il fasse beau, qu'il fasse laid, c'est mon habitude d'aller sur les cinq heures du soir me promener au Palais-Royal. C'est moi qu'on voit toujours seul, rêvant sur le banc d'Argenson. Je m'entretiens avec moi-même de politique, d'amour, de goût ou de philosophie. J'abandonne mon esprit à tout son libertinage. Je le laisse maître de suivre la première idée sage ou folle qui se présente, comme on voit, dans l'allée de Foy, nos jeunes dissolus marcher sur les pas d'une courtisane à l'air éventé, au visage riant, à l'œil vif, au nez retroussé, quitter celle-ci pour une autre, les attaquant toutes et ne s'attachant à aucune. Mes pensées ce sont mes catins. Si le temps est trop froid, je me réfugie au café de la Régence ; là je m'amuse à voir jouer aux échecs. Paris est l'endroit du monde, et le café de la régence est l'endroit de paris où l'on joue le mieux à ce jeu. C'est chez Rey que font assaut Légal le profond, Philidor le subtil, le solide Mayot (...).Un après-dîner j'étais là regardant beaucoup, parlant peu et écoutant le moins que je pouvais, lorsque je fus abordé par un des plus bizarres personnages de ce pays (...). "source Paris Bistrot.com

mercredi 13 janvier 2016

l'historique du classement Elo

Le classement Elo est un système d’évaluation du niveau de capacités relatif d’un joueur d’échecs, de jeu de go, ou d’autres jeux à deux joueurs. Plus généralement, il peut servir à comparer deux joueurs d’une partie, et est utilisé par de nombreux jeux en ligne. Tout joueur qui participe à ce type de compétition peut se voir attribuer un classement provisoire, classement qui sera amené à évoluer en fonction de ses performances.
Elo se trouve parfois écrit en majuscules ELO. Or, il ne s’agit pas d’un acronyme. Il doit son nom à Arpad Elo (1903-1992), un professeur de physique et excellent joueur d’échecs américain d’origine hongroise qui l’a mis au point.
La Fédération américaine des échecs (USCF), a utilisé le système d’Arpad Elo dès 1960. Il fut ensuite adopté par la Fédération internationale des échecs (FIDE) en 1970. Arpad Elo a décrit son travail dans les détails dans son livre The Rating of Chessplayers, Past and Present, publié en 1978.
Arpad Elo avait étudié la force des joueurs en se basant sur leurs résultats, et en avait déduit que leur force pouvait se mesurer par un classement en points distribué selon une loi normale de répartition.
Des tests statistiques ultérieurs ont montré que la force échiquéenne n’est pas tout à fait distribuée selon une loi normale. Aussi, l’USCF et la FIDE ont fait évoluer la formule de calcul vers une loi logistique. Cependant par respect pour la contribution du professeur Elo, le nom du classement international continue d’être appelé le « classement Elo ».

lundi 11 janvier 2016

la partie Deep Blue Garry Kasparov du 10 2 1996

position finale après 37.Txh7+

La partie Ordinateur Deep Blue - Garry Kasparov du 10 février 1996 est une partie d'échecs renommée qui a permis pour la première fois à un ordinateur de s'imposer en cadence lente contre un champion du monde de ce jeu. Il s'agissait ici de la 1re partie du 1er match entre l'ordinateur d'IBM et Garry Kasparov :
1. e4 c5 2. c3 d5 3. exd5 Dxd5 4. d4 Cf6 5. Cf3 Fg4 6. Fe2 e6 7. h3 Fh5 8. 0-0 Cc6 9. Fe3 cxd4 10. cxd4 Fb4 11. a3 Fa5 12. Cc3 Dd6 13. Cb5 De7 14. Ce5 Fxe2 15. Dxe2 0-0 16. Tac1 Tac8 17. Fg5 Fb6 18. Fxf6 gxf6 19. Cc4 Tfd8 20. Cxb6 axb6 21. Tfd1 f5 22. De3 Df6 23. d5 Txd5 24. Txd5 exd5 25. b3 Rh8 26. Dxb6 Tg8 27. Dc5 d4 28. Cd6 f4 29. Cxb7 Ce5 30. Dd5 f3 31. g3 Cd3 32. Tc7 Te8 33. Cd6 Te1+ 34. Rh2 Cxf2 35. Cxf7+ Rg7 36. Cg5+ Rh6 37. Txh7+ 1-0.
Après 37.... Rg6 ; 38. Dg8 + Rf5 ; 39. Cxf3, les Blancs menacent Cxe1 et Tf7.

Consulter le détail de la partie sur Chessgames en cliquant ici.

mercredi 30 décembre 2015

l'école hypermoderne

L'école hypermoderne, aussi nommée école néoromantique, est un courant de pensée qui a considérablement modifié la théorie et la pratique du jeu d'échecs au début du 20ème siècle. Ce courant est considéré comme un prolongement de l'école classique.
Là où les classiques considéraient « l'occupation du centre » comme une nécessité, les hypermodernes prônaient « un contrôle » à distance de ce dernier.
Le jeu se caractérise par un contrôle à distance du centre, celui-ci passe entre autres par la mise en fianchetto des fous, par une attaque du centre adverse par les pions de flancs...
Il s'appuie sur des principes nouveaux, énoncés par Aaron Nimzowitsch dans "Mon système"  : la surprotection, la prophylaxie, le louvoiement...

samedi 28 novembre 2015

la légende de Sissa



La légende la plus célèbre sur l’origine du jeu d’échecs raconte l’histoire du roi Belkib (Indes, 3000 ans avant notre ère) qui cherchait à tout prix à tromper son ennui. Il promit donc une récompense exceptionnelle à qui lui proposerait une distraction qui le satisferait.
Lorsque le sage Sissa, fils du Brahmine Dahir, lui présenta le jeu d’échecs, le souverain, enthousiaste, demanda à Sissa ce que celui-ci souhaitait en échange de ce cadeau extraordinaire. Humblement, Sissa demanda au prince de déposer un grain de blé sur la première case, deux sur la deuxième, quatre sur la troisième, et ainsi de suite pour remplir l’échiquier en doublant la quantité de grain à chaque case. Le prince accorda immédiatement cette récompense en apparence modeste, mais son conseiller lui expliqua qu’il venait de signer la mort du royaume car les récoltes de l’année ne suffiraient à s’acquitter du prix du jeu.
En effet, sur la dernière case de l’échiquier, il faudrait déposer 263graines, soit plus de neuf milliards de milliards de grains (9 223 372 036 854 775 808 grains précisément), et y ajouter le total des grains déposés sur les cases précédentes, ce qui fait un total de 264 -1, soit 18 446 744 073 709 551 615 grains.

vendredi 27 novembre 2015

la manière dont on jouait autrefois

Par rapport au rythme de nos jours, le jeu était l-e-n-t ! Le chaturanga se jouait à quatre partenaires. Chaque joueur possédait huit pièces : quatre pions, un bateau ou un char (notre tour), un cheval (notre cavalier), un éléphant (notre fou) et un roi. Les coups étaient désignés par le lancement de dés rouges, verts, jaunes et noirs. (Malheureusement, nous ne savons pas exactement comment les dés désignaient les coups sur l'échiquier, car il ne nous reste aucun guide datant de cette époque.) .
L'éléphant ne pouvait se déplacer que de deux cases en diagonale, tout en pouvant sauter par-dessus toute pièce se trouvant sur son chemin. Le pion ne pouvait pas bouger de deux cases à son premier coup et, une fois parvenu à la huitième rangée, ne pouvait pas être promu à quelque rang que ce soit. Le roque n'existait pas. Il n'y avait pas non plus de dame, dont la puissance permet de nos jours de changer d'un seul coup le cours d'une partie. La tour, le cavalier et le roi se déplaçaient comme aujourd'hui. 
On pouvait jouer à deux contre deux ou chacun pour soi. Essayez donc de jouer selon ces règles, mais assurez-vous d'avoir du temps devant vous ! Vous serez également obligé de fabriquer votre propre échiquier. Nos ancêtres jouaient déjà sur un échiquier de 64 cases, mais sans couleur (ce fut une invention européenne).
source: le site de Normand Lamoureux

samedi 21 novembre 2015

le théâtre du monde

Le jeu d'échecs nous est aujourd'hui familier. Mais son histoire remonte à plus de 1 500 ans. Jeu de guerre dans un continent indien déchiré par les luttes intestines, jeu de cour dans l'Occident médiéval, jeu "moralisé" mettant en scène la place des différents métiers à la fin du Moyen Âge, jeu "amoureux" suivant les méandres de l'amour courtois, jeu de compétition à l'aube des Temps modernes. L'évolution du jeu d'échecs, de ses pièces et de ses règles, témoigne des cultures qui l'ont adopté. La civilisation islamique fixe le jeu et en assure la diffusion, le Moyen Âge chrétien transforme les pièces et leur confère une dimension symbolique, la Renaissance modifie les règles et en accélère la marche ; avec les Temps modernes s'ouvre l'ère de la compétition. À toutes les époques, l'échiquier apparaît comme le théâtre du monde et nous éclaire sur ses valeurs sociales.
source: la BNF

dimanche 15 novembre 2015

le saviez vous?

La notation algébrique fut inventée par le joueur Philippe Stamma qui l'introduit pour la première fois dans son ouvrage Le Noble Jeu des échecs (1745). Philidor contribua à populariser cette notation.
Aujourd'hui c'est le système de notation reconnu par la FIDE et utilisé partout dans le monde. C'est donc un véritable langage international qui permet d'échanger facilement de nombreuses parties d'échecs avec un simple fichier texte.

jeudi 5 novembre 2015

le saviez-vous?

Ce fut qu'au XVe siècle que l'esprit vif des Européens intervint et que les auteurs italiens et espagnols introduisirent dans le jeu quelques pièces à longue portée, c'est à dire pouvant aller, dans la direction prescrite, d'un bout à l'autre de l'échiquier: dame, tour et fou.
Le nom donné à ce nouveau jeu fut bien significatif la "rabiosa" ("Les Echecs déchaînés"). Dès lors le combat fut plein de manœuvres ingénieuses et de combinaisons brillantes: le mat, le résultat fréquent et fascinant d'une partie. 
source: Bréviaire des échecs de Xavier Tartakover collection Le Livre de Poche

lundi 2 novembre 2015

l'impressionnant nombre de Shannon

Claude Shannon
Le nombre de Shannon, soit 10120, est une estimation de la complexité du jeu d'échecs, c'est-à-dire du nombre de parties différentes, ayant un sens échiquéen, possibles. Ce nombre est à distinguer du nombre, beaucoup plus élevé, de parties légales qu'autorisent les règles du jeu.
Il a été initialement calculé par Claude Shannon, le père de la théorie de l'information. D'après lui, 40 coups sont joués en moyenne dans une partie, et, à chaque demi-coup, un joueur a le choix entre, toujours en moyenne, 30 mouvements possibles (ce nombre se situant en fait entre 1, pour les coups forcés, et 218, dans la position qui laisse le plus de liberté de mouvement). Il y aurait donc (30×30)40 soit environ 10120 (un 1 suivi de 120 zéros) parties d'échecs possibles.
A l'évidence, la probabilité de jouer 2 fois la même partie de 40 coups environ est quasiment nulle même si on joue très régulièrement.
L'importante et impressionnante diversité des possibilités offertes fait une substantielle place à la créativité et contribue très largement à l'attrait du jeu d'échecs.

lundi 5 octobre 2015

le café de la Régence

Vers 1740, les pousseurs de bois ont quitté le café Procope de la rue de la Comédie pour s'installer, sur l'autre rive de la Seine, au café de la Régence qui se trouvait place du Palais-Royal.
Au siècle des Lumières, on a pu y rencontrer des joueurs d'exception comme François-André Danican Philidor et Kermur de Legal ainsi que des personnages célèbres: Voltaire, Jean-Jacques Rousseau, Denis Diderot, le duc de Richelieu, Maximilien de Robespierre, Napoléon Bonaparte, Benjamin Franklin.... Ne cherchez pas ce célèbre café parisien, il a malheureusement disparu.

dimanche 27 septembre 2015

le Turc mécanique


Le Turc mécanique est un canular célèbre datant du XVIIIe siècle, il s’agissait d'un prétendu automate doté de la faculté de jouer aux échecs. Il fut construit et dévoilé pour la première fois en 1769 par Johann Wolfgang von Kempelen. Extérieurement, il avait l’apparence d'un mannequin habillé d’une cape et d’un turban assis derrière un meuble d’érable. Le meuble possédait des portes pouvant s’ouvrir pour révéler une mécanique et des engrenages internes, qui, lors de l'activation de l'automate, s'animaient.
En réalité, le mécanisme n'était qu'une illusion permettant de masquer la profondeur réelle du meuble. Celui-ci possédait un autre compartiment secret dans lequel un vrai joueur pouvait se glisser, et manipuler le mannequin sans être vu de quiconque. L'automate était alors capable de jouer une vraie partie d'échecs contre un adversaire humain. Grâce au talent de ses joueurs cachés, le Turc mécanique remporta la plupart des parties d'échecs auxquelles il participa.
Kempelen présenta pour la première fois le Turc mécanique à la cour de l'Impératrice autrichienne Marie-Thérèse en 1770, et l'emmena avec lui pour une tournée à travers l'Europe qui dura de nombreuses années. Pendant cette période, le Turc mécanique fut exposé à Paris où il joua une partie contre Benjamin Franklin, et gagna. Par la suite, Kempelen considéra que présenter son invention lui prenait trop de temps, et la laissa au palais autrichien pour se concentrer sur d'autres formes d'automates.
En 1789, Freiherr Joseph Friedrich zu Racknitz construisit une réplique du Turc mécanique et écrivit un livre où il proposait un mode de fonctionnement probable. Toutefois, bien que ses explications fussent en grande partie correctes, ses conclusions furent que le Turc mécanique ne pouvait être manipulé que par un enfant ou un nain, et les dimensions de son automate différaient de celles du Turc mécanique d'origine.